L’éthique du diamant naturel

L’éthique et l’écologie sont les deux cordes sensibles sur lesquelles jouent les fabricants de diamants de synthèse. Pourtant les choses ne sont pas si simples, les producteurs de diamants naturels nourrissent un vaste système économique et social, avec des retombées très positives.

L’éthique et l’écologie sont les deux cordes sensibles sur lesquelles jouent les fabricants de diamants de synthèse. On les comprend, cette tendance est dans l’air du temps, pour de bonnes raisons, celle de préserver notre environnement et notre qualité de vie. Mais est-ce aussi simple que cela ?


Diamants de la mine dArgyle – Australie

 

La préoccupation écologique très médiatisée

Depuis quelques mois, il n’y a plus un salon, plus une conférence sur le luxe qui n’aborde le thème de l’éthique. Le diamant de synthèse fait bien entendu partie des sujets traités, laissant libre tribune aux marques ravies de faire la promotion de leurs bijoux. Malheureusement, les représentants de la filière diamants naturels ne sont jamais invités.

L’OHB a voulu leur donner un droit de réponse.

 

 

Une étude révèle l’impact social positif de la filière diamant naturel

La DPA (Diamond Producers Association) a confié une étude à la société Trucost, leader mondial en matière d’évaluation des données et des risques liés au carbone et à l’environnement. Il en ressort que la balance éthique penche fortement du côté du diamant naturel : enrichissement des populations locales, salaires et retombées économiques dans les communautés, accès à l’éducation, à l’eau, à la santé, bilan carbone, etc…

 

L’environnement sans les hommes ?

Comme le soulignait à juste titre Julie El Ghouzzi, directrice du Centre du Luxe, lors de son colloque sur Le Luxe Engagé le 20 juin dernier, l’éthique doit aussi prendre en compte les données sociales et non seulement environnementales. Combien d’êtres humains sont concernés par une activité qui disparaitrait ? N’est-ce pas une question aussi légitime que celle de l’environnement ?

Penchons-nous sur cet aspect. D’après les chiffres de l’étude Trucost, la filière diamant fait vivre des centaines de milliers de personnes dans le monde. Les sociétés minières à elles seules emploient 77 000 personnes et contractants, principalement en Australie, au Botswana, au Canada, au Lesotho, en Namibie, en Russie, en Afrique du Sud et en Tanzanie. Si les conditions de travail sont difficiles, elles sont extrêmement encadrées. Le code de pratiques du RJC s’applique partout, souvent renforcé par les codes de conduite des sociétés minières elles-mêmes (De Beers, Petra, Rio Tinto, ALROSA ALLIANCE).

Les incidents liés à la sécurité sur le lieu de travail des sites membres de la DPA, s’ils sont toujours dramatiques, sont inférieurs aux taux moyens dans d’autres secteurs industriels. La plupart du temps, ils résultent d’un non-respect des règles de sécurité.

Des avancées économiques et sociales majeures

 Les retombées sociales et économiques de l’activité diamant sont indéniables, souvent dans des pays qui en ont cruellement besoin.

Les avantages socioéconomiques et environnementaux nets ont totalisé 16 milliards de dollars en 2016, dont 3,9 milliards de dollars pour les seuls salaires et avantages sociaux. Non seulement les rémunérations sont très supérieures au salaire moyen national mais elles ont un effet multiplicateur sur l’économie locale.

Les gouvernements et communautés bénéficient d’un revenu de plus de 3 milliards de dollars par an, qui se compose de taxes, impôts, dividendes et financements de projets.

 

Emploi et croissance au Bostwana

Le Bostwana est exemplaire d’un pays où la production de diamants soutient l’emploi et la croissance grâce à une politique d’achat volontairement locale, des programmes de développement des petites et moyennes entreprises (tels que les programmes Tokafala et Zimele) et des investissements dans les travaux d’équipement et les infrastructures. Sans compter la santé, où la contribution est non négligeable (Centre médical ALROSA, Centre de réadaptation pour enfants (ALROSA), hôpitaux miniers Jwaneng et Orapa (groupe De Beers).

En Yacoutie (Russie), les impôts payés par ALROSA représentent 40 % du budget de la région et la compagnie minière finance également de nombreux projets (santé, culture, éducation, sports, logements…) comme le font toutes ses consœurs partout dans le monde.

 

Des émissions de gaz à effet de serre inférieures à celles du diamant de laboratoire

Les émissions de gaz à effet de serre constituent l’impact le plus significatif avec une moyenne de 160 kg de CO2e par carat taillé en 2016. Elles restent toutefois 3 fois inférieures aux émissions de CO2e produites par la fabrication d’un carat de diamant de synthèse. Bien entendu, les quantités produites ne sont pas comparables. Réduire l’empreinte carbone et investir dans les énergies renouvelables restent donc une priorité pour la DPA.

 

Protéger l’environnement

Par ailleurs, les travaux de conservation des écosystèmes naturels et de réhabilitation de l’environnement sont très importants dans les régions des mines : 263 626 hectares, soit 3 fois la surface des exploitations minières.

Quant aux rejets, ils sont surtout composés, non pas de produits chimiques, mais de roche à 99% (4 tonnes pour un carat taillé, un chiffre considérable). Les projets de réhabilitation des sols suite à la fin d’une l’exploitation ont une importance cruciale et sont systématiquement approuvés à l’avance par les communautés et gouvernements locaux. Le reclassement professionnel des employés est également négocié.

La querelle entre le diamant naturel et le diamant de laboratoire est souvent injustifiée. Chacun a sa place sur le marché. La filière diamant naturel a de bons atouts à mettre en avant sur les plans éthique et écologique et le fait savoir.

 

Isabelle HOSSENLOPP – Novembre 2019

 

Lire l’article dans sa version originale, parue dans le numéro de Novembre-Décembre 2019 de l’OFFICIEL Horlogerie & Bijouterie, repris sur le site diamants-naturel.fr

Les photos sont la propriété de la DPA.

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