Louis-Edouard Le Jeune, l’artisan joaillier

Dans le Village Royal, à l'angle de la tumultueuse rue Royale à Paris, une boutique-atelier toute baignée de calme abrite l'un des joailliers créateurs les plus doués de la capitale.

Son nom ressemble à celui d’un peintre flamand, mais c’est un joaillier. Du peintre, Louis Edouard Le Jeune a le sens des couleurs caressées par la lumière.

Installé dans le Village Royal, proche de la Madeleine à Paris, Louis Edouard Le Jeune travaille « à l’ancienne» avec son atelier à l’étage. Dans ce ravissant passage, à deux pas des flamboyantes boutiques Dior, Chanel, Gucci, sa  clientèle est pourtant française à 80 %, familiale et très fidèle. Ses clients lui confient leurs envies, leurs pierres, sachant que le joaillier suivra personnellement toutes les étapes de fabrication, sertissage, polissage, un luxe devenu rare. Pour lui, ce qui se cache derrière un projet, c’est avant tout une femme qu’il faut écouter, un désir inconscient que le bijou devra révéler. A lui donc, avec son fameux coup de patte, de frotter la lampe d’Aladin qui se dissimule dans la pierre et le métal. Ses bijoux sont modernes, les volumes bien maîtrisés. Ils offrent des camaïeux d’opales, de turquoises et de saphirs, des pendentifs d’oreilles en petites plaques de jade lavande ou vert émeraude sculptées et ajourées à la façon chinoise, des collections couleur de braise très à la mode, spinelles, saphirs oranges, diamants jonquille, grenats spessartites, étonnantes racines de corail pétrifiées et veinées.

Mais ce qui attire l’œil, ce sont ses perles, en particulier ses perles baroques, semées sur une broche comme un jardin de galets illuminé de saphirs, ou transformées en oiseaux sur une branche.

Etonnante aussi, la broche Nuages faite de perles rondes multicolores d’où s’échappe une pluie de diamants.

Mais la signature du joaillier est la ligne Sinoé, composée d’anneaux d’or ondoyants à la carrure affirmée. Tout or ou pavés, empilables, enserrant une pierre précieuse ou une perle, ces rubans d’or se déclinent de mille façons.

Pour Louis Edouard Le Jeune, le défi aujourd’hui est de répondre aux attentes de la jeune clientèle sans descendre en gamme. « Ma concurrence, c’est un bout de corde » dit-il en plaisantant, car les jeunes sont minimalistes, mélangent un peu d’or à du textile ou d’autres matières moins précieuses. Juste de petits bijoux fins et discrets comme un talisman. Un vrai challenge pour le joaillier qui a la clientèle toute trouvée pour ces bijoux, les parents et grands-parents qui sont déjà ses clients

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Isabelle Hossenlopp Parution l’OFFICIEL Horlogerie & Bijouterie 2014

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