Jaquet Droz, le fleuron de charme du Swatch Group

Dans le Swatch Group, Jaquet Droz est une « niche » d’horlogerie très sélective, presque confidentielle. La Maison née en 1738 est pourtant bien connue des amateurs et des collectionneurs.

Dans le Swatch Group, Jaquet Droz est une « niche » d’horlogerie très sélective, presque confidentielle. La Maison née en 1738 est connue des amateurs et collectionneurs pour les fameux automates, toujours visibles au Musée d’Art et d’Histoire de Neuchâtel et qui firent sa renommée au XVIIIème siècle. Longtemps en sommeil, cette Belle au bois dormant fut réveillée en 2000 par le Swatch Group qui a su la faire renaître en restant totalement fidèle à ses valeurs d’origine.

L’OFFICIEL a rencontré Christian Lattmann, le nouveau CEO de Jaquet Droz. Entré dans le Swatch Group en 1989 (Longines, suivi d’Omega), Christian Lattmann a occupé différents postes stratégiques chez Breguet puis Jaquet Droz avant de devenir CEO de Jaquet Droz en 2016.

L’OHB : L’horlogerie suisse vient de traverser une crise sévère. Comment se porte Jaquet Droz?

Christian Lattmann : L’an dernier, nous avons perdu en volume (ndlr : avant la crise, Jaquet Droz produisait environ 5 000 pièces par an en rythme de croisière) mais notre chiffre d’affaire est resté positif car nous avons vendu des pièces d’exception. Nous avons gardé tout notre personnel, qui est très qualifié et un gage indispensable de la pérennité de notre savoir-faire. Le premier semestre 2017 a été bon, même si l’on n’est plus sur une croissance à 2 chiffres. Par ailleurs en Chine, nous enregistrons de très bons résultats. Les Chinois retrouvent confiance peu à peu, ce qui redonne du souffle à nos ventes. L’investissement sur le long terme reste notre priorité. Nous restons fidèles à nos basiques : les automates, les complications poétiques et la Grande Seconde sont les trois piliers forts de notre identité. Nous nous concentrons sur cela, nous cultivons notre différence.

L’OHB : Quelle est votre stratégie de lancements ?

Christian Lattmann : Jaquet Droz ne vend pas seulement des montres à complications mais aussi de l’émotion à des passionnés. La Maison veut capitaliser sur l’émotion, créer l’émerveillement. Antoine de Saint-Exupéry disait « Toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants… mais peu d’entre elles s’en souviennent ». C’est cet émerveillement proche de l’enfance que nous aimons susciter et retrouver chez nos clients. Il nous a fallu des années pour mettre au point le Loving Butterfly Automaton que nous avons présenté à Bâle. Cette montre à automate s’inscrit tout à fait dans cette stratégie, que nous gardons très cohérente. Jaquet Droz est l’un des deux seuls horlogers à faire ce genre de complication (ndlr : le second est Van Cleef & Arpels).

L’OHB : N’avez-vous pas un déficit de notoriété ?

Christian Lattmann : En publicité, Jaquet Droz aime cultiver la rareté et le côté « niche » en privilégiant le partenariat avec ses détaillants (Jaquet Droz a 12 boutiques en propre et un réseau de 200 détaillants). Le digital est privilégié car il convient bien à nos montres qui sont animées. Nous consacrons beaucoup d’importance à nos vitrines aussi, où nos laissons « parler » la montre. Mais effectivement, nous investissons plus sur le développement que sur la communication car le produit est notre ambassadeur. Un nouveau mouvement pour nous, c’est au minimum 5 ans de recherche et comme vous l’imaginez, des coûts très conséquents.

L’OHB : Les femmes ne sont-elles pas un peu oubliées dans vos collections, vos cadrans sont très larges…

Christian Lattmann : La Petite Heure Minute 35 mm se vend bien. Mais nous préparons des modèles plus adaptés aux poignets féminins pour mieux atteindre les femmes, très sensibles à l’art et au raffinement. C’est important pour nous, bien entendu.

L’OHB : Nous vous remercions de cet interview.

 

Les trois axes majeurs qui composent l’identité de Jaquet Droz sont les automates, les métiers d’art et la Grande Seconde. Outre la beauté et la sobriété d’un cadran émail Grand Feu, la Grande Seconde Moon comporte une phase de lune qui ne nécessitera aucun réglage pendant les 122 prochaines années. Grande Seconde Moon

Dans la tradition des métiers d’art, Jaquet Droz occupe certainement la place la plus prestigieuse au sein de l’horlogerie suisse. Les trois nouvelles éditions limitées de la Petite Heure Minute sont réalisées entièrement à la main. Ces miniatures extraordinaires de précision demandent une semaine de travail au minimum, l’œil du peintre posé sur le microscope.

 

Montres Petite Heure Minute, Flamand Rose, Lion et Carpe Koï

Le modèle Loving Butterfly Automaton est inspiré d’un dessin que Henri-Louis Jaquet-Droz réalisa il y a 242 ans. Sur le cadran en onyx noir, des appliques en or gravées à la main représentent un char tiré par un papillon. Les deux se mettent en mouvement par la couronne pressoir.

Loving Butterfly Automaton

 

 

 

 

 

 

Isabelle Hossenlopp – Parution L’OFFICIEL Horlogerie & Bijouterie décembre 2017

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