Christian Dior inspiration Japon

« De grands panneaux peints d’après des estampes japonaises décoraient l’escalier jusqu’à son plafond. Ces Utamaro et Hokusai interprétés composaient ma chapelle Sixtine. Je me revois les contemplant pendant des heures»

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Ce somptueux manteau de Haute Couture réalisé par John Galliano pour la collection printemps-été 2007 reproduit la célèbre Grande Vague , peinte en 1831 par Hokusai. Un hommage magnifique à l’affection de Christian Dior pour le Japon dont la Maison continue régulièrement de s’inspirer.

Christian Dior rêvait d’aller au Japon , mais comme il avait peur de l’avion, il n’y est jamais allé. Un voyage en URSS et un autre aux États-Unis, ce dernier plutôt décevant, voilà le résumé de ses voyages lointains.

Fasciné par le Japon, le couturier aimait la simplicité extrêmement raffinée et la sérénité qui s’en dégageait. Cela correspondait parfaitement aux valeurs qu’il voulait donner à sa Maison. Dans ses créations et dans celles de ses successeurs, l’inspiration japonisante sera toujours présente, par petites touches.

En 1953, Christian Dior dessine l’ensemble d’après-midi Jardin Japonais à motifs de fleurs de cerisiers sur une toile claire. En 1954, fasciné par les soies brodées japonaises dont il admire la grande finesse du travail, il réalise un costume inspiré du kimono pour la danseuse Margot Fonteyn dans le ballet L’Entrée japonaise. En 1958, ils imagine la robe Tokyo à la taille nouée. D’autres modèles verront le jour, toujours influencés par la culture nippone mais le clou du spectacle est bien le manteau de Haute Couture Hokusai réalisé par le troublant John Galliano en 2007 (ci-dessus en photo).

En juin 2017 encore, la très romantique collection Printemps-Eté de Maria Grazia Chiuri, dominée par les étoffes légères rose tendre et les motifs floraux si typiquement japonais, a été présentée à Tokyo dans un décor de jardins .

A travers les décennies, à plusieurs reprises, les mannequins Dior défileront au Japon, consacrant l’admiration réciproque qui s’est nouée au fil du temps entre la Maison de l’avenue Montaigne et le Japon. Le pays accueille régulièrement des expositions – Dior, the World of John Galliano & Tadao Ando en 1999, puis Lady Dior As Seen By en 2012 et Esprit Dior Tokyo en 2014, qui donnent carte blanche à des artistes japonais pour réinterpréter les codes Dior, rappelle la Maison.

20170809_122007Haute Couture Printemps-Ete 2017, robe en tulle brodé de fleurs et d’oiseaux,coll. Dior Héritage – Maria Grazia Chiuri
20170809_125745Haute Couture Printemps-Ete 2017, veste et bustier en raphia brodé de fleurs, jupe frangée,coll. Dior Héritage – Maria Grazia Chiuri

5 Juillet 2017 – 7 Janvier 2018 : dans une immense et superbe exposition répartie sur les deux ailes du musée, les Arts Décoratifs retracent l’histoire de la Maison Christian Dior qui fête cette année ses 70 ans.

En plusieurs centaines de pièces dont 300 robes de Haute Couture judicieusement réparties sur sur 3000 m2, l’exposition nous emporte à travers les années Dior de sa naissance en 1905 à sa mort en 1957. Depuis la silhouette New Look à la taille marquée qui marqua la naissance de son style et donna le nouveau signal de départ de la mode après la guerre jusqu’à aujourd’hui, le style a évolué tout en gardant une constante d’élégance et de féminité. Yves Saint-Laurent, Marc Bohan, Gianfranco Ferré, John Galliano, Raf Simons et enfin Maria Grazia Chiuri ont tous imprimé un style qui a pu nous égarer parfois, nous surprendre, souvent nous émerveiller.

La passion des jardins, les fleurs, l’inspiration japonaise, les bals merveilleux, l’architecture des silhouettes, la féminité soulignée par le romantisme et bien d’autres rappels des éléments qui composent le patrimoine de Christian Dior sont évoqués touts au long de cette exposition.

Et si John Galliano laisse un souvenir sulfureux, la Maison Dior n’oublie pas qu’il fut un directeur artistique de génie, fin connaisseur de son patrimoine qu’il a su réinterpréter d’une façon contemporaine, brillante et talentueuse. Elle lui rend un bel hommage à travers ses créations exposées.

C’est bien l’émerveillement qu’a retenu le musée des Arts Décoratifs pour cette exposition qui vient s’ajouter à la longue liste de celles qui ont eu lieu à Paris ces dernières années, Cartier, Van Cleef & Arpels, la collection Al Thani … ou encore la rétrospective consacrée à Yves Saint-Laurent, consacrant Paris comme la capitale de la Haute Couture et de la Haute Joaillerie.

Citation de la page d’accueil extraite de « Christian Dior et moi » Christian Dior

Isabelle Hossenlopp

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